Les déchets accueillis en déchèterie

Les principaux déchets encombrants

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Le tout-venant

Le tout venant est parfois trié pour séparer la partie incinérable et la partie stockable.
De nombreux projets de recycleries en lien avec la collecte des encombrants et les déchèteries sont en étude et voient le jour (exemple à Pau avec la communauté d'Emmaüs), afin de donner une seconde vie à certains objets encombrants. Ces structures assurent les activités suivantes :

  • Réutilisation des objets en bon état,
  • Réparation des objets peu endommagés,
  • Démantèlement et extraction des matériaux valorisables.

Ce type d'activité concourt à la réduction de la production de déchets et permet d'infléchir la tendance croissante des quantités de déchets résiduels à traiter.

Les ferrailles

Ce flux est celui qui entraîne le plus de vols et de convoitise en déchèteries avec des matériaux précieux à fort pouvoir marchand. Pour limiter le détournement d'une partie de ce flux, les solutions mises en place dans certaines collectivités passent par :

  • Enlèvements journaliers de la benne,
  • Utilisation d'un compacteur pour réduire l'extraction de matériau (voir chapitre 6 ci-après)

Les gravats, inertes

L'objectif principal poursuivi actuellement est le développement de la réutilisation et de la valorisation des gravats. Ces objectifs définis dans les plans départementaux de gestion des déchets du BTP et repris dans les plans départementaux d'élimination des déchets ménagers et assimilés, doivent être intégrés dans la gestion de la déchèterie afin d'isoler la part valorisable dès la collecte.

Les déchets verts

Les déchets verts représentent l'un des flux prépondérant en déchèteries. En période de fortes productions (printemps et automne), il nécessite souvent l'utilisation de plusieurs bennes ou des rotations fréquentes. La création de zones de stockage / broyage permet de libérer des emplacements de benne, désengorger les quais de déchargement et limiter le transport des déchets verts grâce au broyage permettant de multiplier par 3 la densité des déchets à transporter (cf chapitre 3.3.3.1-).

Une communication ciblée sur les pratique de jardinage et notamment l'utilisation des tontes comme paillis ou l'emploi de tondeuses mulching peut permettre de diminuer les apports en déchèteries et de sensibiliser les usagers sur la prévention.

Les papiers-cartons

L'arrêté type du 2 avril 1997 limite la durée de stockage des cartons en déchèterie, à un mois, s'ils ne sont pas entreposés à l'abri des intempéries. Il est fortement recommandé de les collecter en benne couverte afin de préserver leur qualité en vue de leur recyclage, et d'éviter d'éventuels envols.

Le bois

Les déchets de bois peuvent être classés en 3 catégories selon le traitement qu'ils ont subi :

Exemples DD* DIB* Appellation Gestion (tri/élimination)
Copeaux, poussières, fines, sciure…
  X Déchets de bois non adjuvantés
Cette appellation regroupe tous les déchets issus de la transformation primaire du bois
Tri / Valorisation (matière, énergétique en chaudière bois)
Poutres, bois de palettes...
Déchets d'emballage en bois : caisses, coffres...
Déchets de panneaux de particules à base de bois produits et utilisés par les industriels du secteur bois

Bois de rebut non souillé : charpente, meubles, certains déchets de démolition, panneaux de particules ...
  X Déchets de bois faiblement adjuvantés
Ce sont des déchets de bois qui ont été traités par des produits peu dangereux ou contenant une faible quantité d'adjuvants et pouvant être brûlés dans des installations de combustion bois
Tri / Réutilisation Valorisation matière (panneau particule) ou énergétique en usine d'incinération
Bois créosoté, poteaux télégraphiques traités CCA ou cuivre organique, copeaux ayant servi pour absorber un produit dangereux... X   Déchets de bois fortement adjuvantés
Lorsque les déchets de bois, sont fortement adjuvantés (imprégnés ou souillés), ils ne peuvent pas être brûlés dans des installations de combustion bois
Traitement en CSDU I / filières d'élimination des déchets dangereux

*DD : Déchets dangereux – DIB : Déchets Industriels Banals

Les déchets de bois non traités peuvent être recyclés (broyage), valorisés en chaudière, ou incinérés en usines d'incinération de déchets non dangereux.
Leur enfouissement est interdit.

Les déchets non ou faiblement adjuvantés sont généralement recyclés pour la production de panneaux de particules
Les déchets de bois qui sont des emballages (cagettes, palettes) doivent être valorisés par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir des matériaux réutilisables ou de l'énergie.

Les déchets de bois traités ou souillés par des substances dangereuses (et à ce titre considérés comme des déchets dangereux) sont traités ou incinérés selon des filières d'élimination des déchets dangereux. Les déchets fortement adjuvantés sont très rarement acceptés en déchèterie.

Les déchets de bois sont généralement collectés dans une même benne en vue d'une valorisation matière ou énergétique. Quelques déchèteries trient les palettes (SITCOM Côte Sud des Landes – 40 ; Communauté de Communes du Fumélois-Lémance – 47).

Les déchets dangereux des ménages (DDM)

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Définition

Les déchets dangereux des ménages sont des déchets provenant de l'activité des ménages, qui ne peuvent être pris en compte par la collecte usuelle des ordures ménagères, sans créer de risques pour les personnes ou pour l'environnement. Ces déchets peuvent être explosifs, corrosifs (acides), nocifs, toxiques, irritants (ammoniaques, résines), comburants (chlorates), facilement inflammables, ou d'une façon générale dommageables pour l'environnement.

Le terme de « déchets ménagers spéciaux » est également utilisé. Ils comprennent les emballages non totalement vides de gaz sous pression, de produits d'entretien et de bricolage (peintures, solvants...), de jardinage (produits phytosanitaires ...), des déchets de soin (seringues ...), des huiles de vidange, certaines piles, accumulateurs, lampes fluorescentes, thermomètres contenant des métaux lourds voire des déchets encombrants (réfrigérateurs ou congélateurs avec CFC).

Au plan juridique, il s'agit des déchets des ménages figurant sur la liste des déchets dangereux (Directive Européenne du 22 décembre 1994 transcrite dans la réglementation française par le décret du 15 mai 1997). Ils sont à distinguer des déchets dangereux produits en petites quantités par les laboratoires, PME et PMI, dont l'organisation de l'élimination est sensiblement différente. Les médicaments n'en font pas partie.

Il est important de définir ces déchets dangereux auprès de la population afin de la sensibiliser sur les conséquences sur l'environnement et sur la santé humaine de leur élimination inadaptée. Une enquête réalisée par le SITCOM Côte Sud des Landes (40) avait montré la mauvaise connaissance par les habitants des différentes catégories de déchets dangereux.

Exemples de définition des déchets dangereux des ménages :

Exemple de communication sur la nature des
déchets dangereux réalisée par Nantes
Métropole

Exemple des panneaux d'information sur
les déchets dangereux mis en place en haut de
quai des déchèteries du SITCOM Côte Sud des
Landes

En 2006, 72 % des déchèteries aquitaines accueillent les déchets dangereux des ménages.

Les contraintes réglementaires et les modalités de collecte des DDM sont précisées au chapitre 4.3 du guide.

Autres déchets

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Nature des déchets Contacts collectivités
(liste non exhaustive)
Remarques
Déchets d'Activité de Soins à Risque Infectieux (DASRI) issus de l'automédication

 


  • Département de la Dordogne et des Landes
  • SIVOM Rive Droite (33)
  • Communauté de Communes du Villeneuvois (47)
  • Communauté de Communes du Fumélois Lémance (47)
  • SICTOM du Haut Béarn (64)
  • Communauté de Communes d'Errobi (64)
Collecte en déchèterie généralisée dans le département de la Dordogne
Le système de collecte le plus rencontré est organisé de la manière suivante : le premier contenant homologué est fourni par le pharmacien sur présentation d'une ordonnance. La collecte des contenants pleins est réalisée en déchèterie en échange d'un contenant vide
Contraintes réglementaires et modalités du stockage précisées au chapitre 4.6 du guide
Quelques exemples de prix :
  • Achat EcoBox (carton de 50 L) :
    1,5 à 2 € HT par conteneur
  • Collecte (Eco Box) : 16 à 17 € HT par conteneur
  • Traitement (Eco Box) : 3 à 3,5 € HT (yc TGAP) par conteneur
Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE)


  • Département de la Dordogne
    COBAS (33)
  • SIETOM de Chalosse (40)
  • Communauté de Communes du Grand Dax (40)
  • SITCOM Côte Sud des Landes (40)
  • Communauté de Communes du Fumélois Lémance (47)
  • Communauté de Communes des 2
  • Séounes (47)
  • SI Bizi Garbia (64)
Collecte en plein développement en partenariat avec les Eco-Organismes :
  • ERP
  • Ecologic
  • Eco-Systèmes
  • Recylum (lampes)
Un barème de compensation des coûts de collecte sélective aux collectivités est effectif avec :
  • Part fixe annuelle par point de collecte aidé (1560 €/an),
  • Part variable en fonction des tonnages collectés et du scénario d'enlèvement choisi,
  • Aide à la communication dégressive sur 3 ans.
Suivant les choix de collecte validés entre la collectivité et l'Eco-organisme, les contenants peuvent être mis à disposition.
Contraintes réglementaires et modalités de stockage précisées au chapitre 4.7 du guide
Polystyrène expansé (PSE)
  • SMD3 (24)
  • Conseil Général de Dordogne (24)
Collecte des déchets d'emballage en polystyrène en vue de leur valorisation dans des filières de proximité (Corrèze) sur la plupart des déchèteries de Dordogne, grâce à la signature par le SMD3 et le département de la charte d'adhésion au réseau points PSE d'ECO PSE (Cf. chapitre 4.9 du guide)

Collecte et traitement :
5 à 10 € HT/m3

Coût borne métallique :
400 à 500 € HT

Coût d'achat sac 1 m3 : environ 1 € HT
Plastiques agricoles
  • SMCTOM de Montpon-Mussidan (24)
  • SMCTOM de Lalinde le Buisson (24)
  • SMCTOM de Thiviers (24)
Les FDCUMA de Dordogne, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques réalisent avec les partenaires locaux des opérations de collecte des plastiques agricoles (bâches, films épais sacs d'engrais ou de terreau), en vue de leur valorisation

Recettes entre 30 à 50 € net / tonne
Films plastiques
  • SMECTOM de Nontron (24)
  • SMCTOM de Montpon-Mussidan (24)
  • Communauté de Communes du Fumélois Lémance (47)
Devenir : recyclage
Recettes entre 50 à 80 € net / tonne (hors coût de transport)
Amiante – Ciment
  • COBAS (33)
  • SITCOM Côte Sud des Landes (40)
Devenir des déchets d'amiante ciment collectés : stockage en alvéole spécifique : exemples à :

  • Saint Laurent des Hommes (24),
  • Audenge (33),
  • Monflanquin (47) …
Contraintes réglementaires et modalités de stockage précisées au chapitre 4.8 du guide
Prix de stockage de l'ordre de 50 à 70 € HT/tonne
Souches d'arbre
  • COBAS (33)
  • SMICVAL (33)
Broyage par le prestataire de reprise
Coût de traitement de
55 à 70 € HT / tonne
Huiles alimentaires
  • SMICTOM Périgord Noir (24)
  • SMCTOM de Montpon-Mussidan (24)
  • SMICOTOM (33)
    SIVOM Rive Droite (33)
  • SIETOM de Chalosse (40)
  • Communauté de Communes du Grand Dax (40)
  • Communauté de Communes du Villeneuvois (47)
  • Communauté de Communes Coteaux et Landes de Gascogne (47)
  • SICTOM du Haut Béarn (64)
  • Communauté de Communes d'Errobi (64)
Valorisation énergétique
Contraintes réglementaires et modalités de stockage précisées au chapitre 4.4 du guide

Coût de location de contenants de
10 €/an (200 L)  à 80 €/an
(1 000 L)

Coût de collecte et traitement :
250 à 300 € HT / tonne

Les vieux vêtements (textiles) peuvent être collectés, souvent en lien avec des associations caritatives, qui assurent leur reprise. Cependant, le secteur de la récupération textile est confronté, depuis plusieurs années, à une crise économique qui ne permet plus leur reprise. La responsabilité élargie du producteur devrait prochainement s'appliquer avec la création d'un éco-organisme, afin de pérenniser la filière de la récupération des textiles sur le long terme.

Les déchèteries comportent généralement un point d'apport volontaire des emballages ménagers, des journaux-magazines et du verre. Ce point peut être positionné à l'extérieur de la déchèterie de manière à être accessible indépendamment des heures d'ouverture de l'installation. Cependant, les maîtres d'ouvrage doivent s'assurer qu'il ne devienne pas un lieu de dépôts sauvages « cachés ».

Libourne Ballastière (33) - SMICVAL

Andernos les Bains (33) - COBAN

Bizanos (64) – CA Pau Pyrénées

Les déchets indésirables

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La plupart des déchèteries n'accepte pas les pneus repris dans le cadre de la filière Aliapur. Cependant, certaines sont confrontées à l'apport de ce type de déchet.
Le SMICVAL (33) ramasse les pneus laissés par les usagers en déchèterie, à l'aide d'un camion plateau 3,5 tonnes. Ils sont stockés sur Saint Denis de Pile avant d'être repris par Aliapur (à partir de 2 bennes de 30 m3).

Certains gestionnaires assurent la collecte des pneus (SITCOM Côte Sud des Landes – 40 ; Communauté de Communes Fumélois Lémance – 47).

Malgré l'interdiction de collecte des bouteilles de gaz par la majorité des collectivités, on en retrouve en déchèterie.

Chaque bouteille de gaz est consignée. Les distributeurs de bouteilles de gaz les reprennent gratuitement (système de consigne). Pour la reprise, la collectivité peut s'adresser directement aux distributeurs concernés locaux ou régionaux (coordonnées disponibles dans l'annuaire téléphonique).

Extrait de la matrice de correspondance des bouteilles de gaz par sociétés de distribution (matrice complète disponible en annexe 2).

 

Ci-dessous photo du site de regroupement des bouteilles de gaz du SITCOM Côte Sud des Landes à Benesse Maremne (40) :

 

Les perspectives de nouveaux déchets

Plusieurs expérimentations ou projets sont en cours pour le tri et la collecte en déchèterie de nouvelles catégories de déchets, dont le développement est envisageable sur les prochaines années.

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Plastiques durs

Après une tentative avortée en Dordogne (cahier des charges trop large concernant la nature des plastiques), la collecte des plastiques durs plus ciblée (du type tuyau PVC) devrait être relancée en Dordogne.

En Rhône Alpes, un repreneur produit, à partir de ce matériau, des granulés réutilisables dans le bitume, le drainage…

Sur la déchèterie de Boulazac, la CC Isle et Manoire (24) a testé le tri en benne des plastiques durs à base de PVC en vue de leur valorisation. La faible quantité collectée n'a pas permis d'alimenter suffisamment la filière de valorisation. Ce test a été arrêté.

Boulazac (24) – CC Isle et Manoire

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Placoplâtre

Un test de recyclage du plâtre a été réalisé à partir de déchets de plâtre collectés sur la déchèterie de Nontron (SMCTOM de Nontron - 24). Sur une année, environ 45 tonnes de placoplâtre ont été collectées pour une population d'environ 15 000 habitants desservis, ce qui représente un ratio de collecte de 3 kg/an/hab.

Les préconisations de collecte du Placoplâtre sont les suivantes :

  • Une collecte en benne fermée de manière à avoir un produit exempt d'humidité,
  • Un produit 100 % propre (pas d'impuretés).

Le Syndicat National des Industries du Plâtre a lancé, en mars 2007, le projet Ecoplâtre, qui vise à favoriser le recyclage du plâtre par les industriels. L'expérience a été initiée en région Rhône-Alpes, à partir de différents points de dépôts (déchèteries, entreprises, bennes de chantier).

La filière couvre actuellement 10 départements hors Aquitaine et a pour objectif d'étendre encore son territoire d'action.